L’image de soi c’est beaucoup plus complexe que l’affaire de quelques vêtements bien coupés.

Parfois, il est même nécessaire de consulter un autre spécialiste (nutritionniste, diététicien, psychologue, coach de vie, coach sportif…) pour faire un travail plus global. Et c’est de cela dont j’aimerais vous parler.

Il y a deux ans, Hélène Ageneau,  une diététicienne avec qui je travaillais (au passé oui ,car elle est partie faire un tour d’Europe en tandem) avait publié sur son blog un article après avoir posé son regard sur la profession de conseillère en image.

Aujourd’hui, à mon tour, j’ai le plaisir de partager avec vous une conversation que j’ai eu avec l’une des psychothérapeutes de mon immeuble : Hadia Otero. Je salue son travail qui, comme moi et à sa manière, consiste à accompagner des personnes en manque d’estime ou de confiance en elles vers une paix intérieure et un regard bienveillant sur elles-mêmes. Et cela, pour qu’elles réalisent enfin qu’elles sont de BELLES personnes.

DISCUSSION :

Bonjour Hadia, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Hadia Otero. J’ai 47 ans.

A mon actif : des études universitaires en psychologie, 4 années et demi de formation à l’EFAPO, plus de 25 années de travail personnel, 6 années d’activité professionnelle. Ma formation inclut de l’analyse psycho-corporelle (l’analyse des sentiments du corps) qui permet de comprendre comment mettre en  lien ce que l’on dit avec ce que l’on ressent. Je suis par ailleurs spécialisée dans les troubles des comportements alimentaires.

Quels types de problématiques traitez-vous ?

 Elles sont très variées. Cela va des troubles du comportement alimentaire, en passant pas les problèmes de personnes qui se sentent mal dans leur vie personnelle ou professionnelle, aux problématiques qui traitent de la confiance en soi. Je traite toutes les pathologies et névroses en dirigeant mon travail sur l’émotion et le corporel.

Entrons dans le vif du sujet : l’image que l’on donne de soi est-elle importante ?

Oui et non. OUI, car elle correspond à une première lecture de la personne. Elle est donc importante pour savoir à qui on a affaire. NON, car l’autre ne voit que ce que l’on veut bien lui donner. L’image est donc faussée et en cela elle n’a pas d’importance.

Ce qui est important, c’est avant tout l’image que l’on a de soi. Prenons un exemple : une personne qui me dit se sentir mal dans sa peau alors qu’au premier abord,  elle a un physique attractif, un travail qui lui plait, une vie stable etc. L’image qu’elle a d’elle-même est donc faussée. Tout le travail consistera à lui faire prendre conscience de tout ce qu’elle a entre les mains pour avoir une vue plus objective.

Est-il préférable de faire d’abord un travail sur son « intérieur » avant de travailler son « extérieur » ou inversement ? Y a-t-il un ordre préférable ?

Les deux sont possibles.

Si on décide de travailler sur l’intérieur, il va y avoir un moment où l’extérieur devra suivre, pour révéler la personne que l’on est devenue.

Si on décide de faire appel à un(e) conseiller(e) en image, qu’on suit tous ses conseils mais qu’au fond de soi (ou autour de soi) on a toujours la petite phrase assassine qui nous rabaisse et nous fait perdre confiance, alors ce travail ne sert a rien. Il peut même prendre la forme d’un échec supplémentaire dans sa vie ou amener la personne vers une course du « toujours plus » (faire de la chirurgie par exemple).

Je vois souvent des femmes qui ont une vision faussée de leur corps et qui sont très dures avec elles-mêmes. Pourquoi cela ?

Cela a un rapport avec le passé, et même souvent comment elles sont venues au monde. C’est ce que j’appelle le contrat de naissance. C’est la manière dont leurs parents les ont façonnées, leur ont donné l’image qu’elles ont d’elles-mêmes, et qui ne correspond plus à la personne qu’elles sont aujourd’hui. Il faut qu’elles trouvent un équilibre et une sécurité intérieure. C’est cet état qui fait que, où qu’elles soient, elles sont suffisamment connectées avec elles-mêmes pour ne pas se sentir « en danger » (insécurité intérieure) ou dans une forme d’angoisse.

Les médias ont aussi leur part de responsabilité.

Comment travaillez-vous ?

Le patient amène ce qu’il ressent. Je vais repérer quelques mots clés, des éléments de son histoire. Rapidement, je lui demande comment s’est passée sa naissance (grossesse, accouchement). Car c’est à ce moment là que beaucoup de choses se passent.

J’ai eu, par exemple, une jeune femme née dans une famille nombreuse, où aucun des enfants n’avait été désiré. Juste avant sa naissance, sa mère avait d’ailleurs perdu une petite fille suite aux coups de son mari. Ayant peur, elle ne savait pas si elle allait mener à termes cette nouvelle grossesse. Au moment de l’accouchement, le bébé s’est mis à l’envers (ce qui peut s’interpréter comme un « NON» à la vie). Les sages femmes ont essayé de tourner le bébé de manière brutale. L’accouchement a duré toute une nuit et au moment de la naissance, le bébé n’avait plus de respiration. Donc le contrat de cette femme est : si je ne bouge pas, ils vont me croire morte. Elle a fini par bouger pour faire comprendre qu’elle était vivante.

Avec le travail effectué ensemble, elle s’est rendue compte que, partout où elle allait, elle parlait tout le temps, qu’elle bougeait tout le temps pour qu’on la remarque. Aujourd’hui, ayant compris cela, elle peut se poser. Elle peut s’assoir sans parler, sans bouger et être bien. Elle a changé le contrat en : je peux me poser, je suis là, j’existe.

Comment le conseil en image peut-il intervenir dans ce travail ?

 Quand je m’aperçois que le travail en profondeur ne suffit plus. Quand la personne commence à connaitre son histoire mais malgré cela, il y a un pas qui ne se fait pas. Le changement extérieur peut provoquer un impact intérieur.

Par exemple, une patiente qui me dit : « je me sens parler différemment et agir différemment mais quand je me regarde, je me vois toujours comme celle que j’étais». Alors, changer physiquement peu permettre d’avancer encore d’un pas voire de tourner une page.

Il arrive que certaines personnes me sollicitent pour changer mais, malgré leur démarche et mon accompagnement, n’y arrivent pas. Quelle est la source de ce blocage ?

Le manque de lâcher prise.

Le « bénéfice » de ce qu’on va lâcher (la situation que l’on connait aujourd’hui). Si elles lâchent leurs « béquilles », que va-t-il leur rester ? C’est un saut dans l’inconnu…

C’est très frustrant dans nos métiers. Ce que je dis souvent à mes patients c’est de nous imaginer dans une barque. Si je rame toute seule, je tourne en rond. S’il/elle rame tout(e) seul(e), il/elle tourne en rond. Si on rame à deux, alors on avance.

Comment se place le regard de l’Autre dans tout cela ?

Imaginons que je décide de maigrir et que c’est MA décision. L’équilibre alimentaire choisi devrait marcher.

Maintenant, si je le fais parce que mon mari ou les médias m’incitent à le faire alors je risque d’être confrontée à un moment donné à une forme d’échec. Certes, je vais peut-être faire un 38 ou 40, mais si les médias décident que maintenant c’est le 44 qui est à la mode ou que mon mari me quitte… Attention aux dégâts !

Si je le fait pour moi et que demain quelqu’un me regarde et ne me trouve pas jolie, alors ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est que moi je me trouve jolie. Donc je n’ai pas besoin du regard de l’Autre pour être bien et avoir confiance.

Le mot de la fin :

J’utiliserais les mots de Thomas d’Ansembourg :Nous ne pouvons avancer vers plus de paix intérieure si nous restons en guerre avec une partie de nous-même.

 

Un grand merci à elle pour le temps précieux qu’elle a consacré à cet échange !

2 réponses à “Image de soi : l’avis d’une psy”
  1. Stelda dit :

    On est un tout : coeur, corps, esprit. Et on ne peut pas dépareiller! L’extérieur est un reflet (complet ou partiel de l’intérieur) et je suis complètement d’accord avec votre point de vue. Le relooking est une partie du travail que nous pouvons faire sur nous-même.
    Merci pour cette belle analyse.

  2. Natalia Positiv'image dit :

    Merci Stelda.
    Eh oui, c’est un sujet fascinant et très vaste qui commence toujours par la connaissance de la personne. Comme vous dites, nous sommes un tout et c’est pour cela qu’il est important d’envisager un relooking dans une démarche de bien être et non juste de beauté…

  3.  
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